Quand le cœur bat la chamade

Il fait chaud dans cette belle bastide de Saint-Rémy-de-Provence.

Normal, c’est l’été. Il fait chaud dans le cœur d’Alda, épouse parfaite et mère aimante façon chromo de luxe, qui semble s’enflammer pour Louis, son jeune invité. Il fait chaud dans le corps de Louis, épaté par tant de grâce et de bonheur et qui, du coup, en écrit un livre. Il fait chaud, mais il y a toujours quelques nuages qui menacent, les nuages de leur passé, des secrets qui éclatent et qui zèbrent le présent comme des éclairs. Et voilà des solitudes qui se télescopent, se frottent, avec élégance, bien sûr. Les mots d’Anaïs Jeanneret ont la grâce des soirées provençales élégantes dans des jardins paisibles avec piscine à débordement. Et c’est à l’intérieur des cœurs que tout déborde. Ah, on ne dira jamais assez comme les blessures de l’enfance font de bien vilaines cicatrices de l’âme ! Et surgit notre propre solitude… Un soir d’été, un soir de vacances. Seul, pas vraiment : on a un nouvel ami, un livre.

 

B.B.

 

La solitude des soirs d’été, d’Anaïs Jeanneret, éditions Albin Michel, 234 p., 19€

Source : Madame Figaro, 9 août 2013

Par Bernard Babkine avec Valérie Gans et Minh Tran Huy.

 

« La solitude des soirs d’été » est son cinquième livre

Il est né d’une envie, « raconter une rencontre entre deux personnages qui n’auraient jamais dû se croiser ». Alda et Louis. Il a 22 ans, se rêve écrivain en traînant une vie « pleine d’ennui et de colère ». Elle a le double de son âge et le charme mystérieux, magnétique, des gens qe la vie a comblés. Ils se rencontrent à Paris lors d’une exposition Rothko. « Cette inconnue, je l’avais rêvée si souvent, avec sa grâce et son air insaisissable, trop paisible pour ne pas cacher d’inavouables tourments ». Louis ne se trompe pas. Invité dans la magnifique bastide d’Alda à Saint-Rémy-de-Provence, il va mettre à nu la fêlure de cette épouse parfaite, de cette mère aimante, de cette femme dont « le secret reste le seul refuge ». Subtil jeu de miroir où chaque protagoniste finit par voir une petite musique fitzgéraldienne. La difficulté d’être et le temps qui passe…

« D’espoir infini en désespoir fini, il n’y a finalement presque rien… », écrit l’auteur page 202, qui signe là l’un de ses plus jolis livres. Le commentaire d’un lecteur l’a fait rougir de plaisir. Vincent, 15 ans, son fils. « Il l’a lu d’une traite. Il a été impressionné. Il m’a dit : c’est drôlement bien écrit ! » Anaïs sourit, baisse les yeux, surprise de livrer ce moment d’intimité.

W.

Source : Winner, n°8, juin-juillet 2013

Voir aussi : En haut trouble, Facebook, Twitter, Youtube, Riche carrière.

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